La jeunesse silencieuse, moteur du changement dans le monde arabe
14 mars 2015 | In the Media
Face à l’enracinement des transitions, la tentation est de regarder le monde arabe à travers un prisme statique. Mais Lurdes Vidal, responsable du departement du monde arabe et méditerranéen à l’IEMed, est convaincu que les jeunes Arabes se sont engagés dans une voie de non-retour qui annulera tôt ou tard la validité des hiérarchies existantes.
Comme Lurdes Vidal l’a expliqué aujourd’hui dans un article du journal Ara, ils font partie de la génération arabe la mieux éduquée de l’histoire. Pour l’instant, ils sont orphelins d’un projet politique, face à l’échec des politiques postcoloniales et au déclin des grandes idéologies qui ont séduit leurs parents. Mais grâce à la possibilité de s’informer en dehors des canaux officiels, ils ont pu développer leurs propres langues et icônes, qui mélangent les canons modernes d’un monde globalisé avec des normes culturelles vraiment locales.
Avec ces nouvelles armes en main, ils évitent le discours postcolonial sur les victimes, se rebellent contre un ordre social angoissant, brisent les vieux schémas familiaux et construisent un nouvel imaginaire collectif à partir de multiples idéologies et sensibilités. L’analyste de l’IEMed reconnaît que jusqu’à présent, ils n’ont pas atteint une représentation politique remarquable, mais « petit à petit ».