Le ‘lendemain’ incertain de la guerre de Gaza
Le 22 février, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a présenté son plan pour Gaza après la guerre. Ce texte succinct est un signe adressé à ses alliés d’extrême droite au sein du gouvernement, ainsi qu’aux États-Unis, à l’Europe et à l’ONU : il refuse d’arrêter l’offensive à ce stade, de donner un rôle à l’Autorité palestinienne (ANP) dans la bande de Gaza, ainsi que d’entamer des négociations en vue de la création d’un État palestinien. Il confirme, en outre, sa volonté de démanteler l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), ce qui servirait son objectif de mettre fin au droit au retour des réfugiés de la guerre de 1948. Il réaffirme que l’offensive à Gaza se poursuivra jusqu’à l’épuisement des capacités militaires et administratives du Hamas, et n’indique aucune concession aux familles des quelques 130 otages encore détenus par le Hamas fin février, ni à ceux qui lui reprochent de faire passer la guerre et sa carrière politique, avant la vie de ses compatriotes.
Une semaine plus tard, le gouvernement a annoncé qu’il ne renonçait pas à ordonner une offensive sur la ville de Rafah, alors même que les négociateurs du Hamas et d’Israël étaient proches d’un éventuel accord, prévoyant la libération d’une partie des otages israéliens en échange de plusieurs centaines de prisonniers palestiniens, l’arrêt de l’opération à Gaza pendant 40 jours et un meilleur accès de l’aide humanitaire.
Le plan de Nétanyahou prévoit la « liberté d’action opérationnelle dans toute la bande de Gaza sans limite de temps » et la création de zones de sécurité entre Gaza, Israël et l’Égypte, dans des zones précédemment peuplées par les habitants de Gaza et qui ont été ravagées par les bombardements. La création d’une telle zone implique l’invasion et la destruction de Rafah, où s’entassent aujourd’hui quelque 1,5 million de personnes, ce qui accroît le risque d’un déplacement massif des habitants de Gaza vers l’Égypte. Le Caire a prévenu qu’il n’accepterait pas cet afflux de réfugiés et menace Israël de « suspendre » l’accord de paix de Camp David, de 1979.
Le gouvernement et l’armée israéliens spéculent sur l’expulsion des habitants de Gaza, l’expansion des colonies et le renforcement du contrôle sur les Palestiniens de Cisjordanie. En octobre dernier, le Ministère israélien du Renseignement a officieusement proposé le transfert forcé et permanent des 2,3 millions d’habitants de Gaza vers la péninsule égyptienne du Sinaï. Le prestigieux magazine américain Jewish Currents a publié, en décembre, les projets du gouvernement israélien d’accepter des contingents palestiniens au niveau international pour des « raisons humanitaires ». Le gouvernement Nétanyahou a fait pression sur plusieurs pays européens, sur la République démocratique du Congo et surtout sur l’Égypte, pour qu’ils laissent entrer des milliers de Gazaouis dans le désert du Sinaï.
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